Le défi de la Fresque du Climat : allier jeu et réchauffement climatique 

Par Mathilde Colleter , le 26 juillet 2023 — éducation, transition écologique - 4 minutes de lecture
Fresque du Climat, Crédit JC Tardivon/SIPA

Fresque du Climat, Crédit JC Tardivon/SIPA

Vous pensiez que c’était impossible, et pourtant, la Fresque du Climat l’a fait : inventer un jeu pédagogique qui interroge et sensibilise aux causes du réchauffement climatique, tout en ouvrant le débat de façon ludique et engagée. Zoom sur un atelier unique, qui réconcilie activisme citoyen, réflexion et mécanique de jeu. 

A l’origine : un maître du jeu passionné 

Tout commence à l’initiative d’un homme : Cédric Ringenbach, enseignant et conférencier spécialisé dans le changement climatique. Et une chose est sûre, c’est qu’il s’y connaît dans le domaine. Dès 2009, il plonge la tête la première dans les résumés techniques du rapport du GIEC, avant de devenir, en 2010, le président de The Shift Project, une association qui œuvre pour un monde moins dépendant du pétrole.

Il faut cependant attendre 2015 pour que les contours de la Fresque du Climat apparaissent. Cédric Ringenbach a un but : sensibiliser le grand public aux enjeux du réchauffement climatique afin d’amorcer un changement collectif. Mais pour ça, on oublie les conférences qui durent des heures et les discours culpabilisants : l’apprentissage doit passer par le jeu. 

Alors après trois ans de mises au point, de recherches et d’interrogations, Cédric Ringenbach fonde une association avec des animateurs, capables de présenter son jeu au plus grand nombre : la Fresque du Climat était née. 

Comment se joue une partie de Fresque du Climat ? 

En moyenne, un atelier dure trois heures, et peut accueillir une quinzaine de personnes. La partie se joue sous forme de trois manches.

🎲 La première phase, plus technique, consiste à construire collectivement une fresque grâce aux 42 cartes du jeu, dont toutes les informations sont issues des rapports du GIEC. L’objectif est de lier les cartes les unes aux autres, et d’expliquer les liens de cause à conséquence du réchauffement climatique. C’est une façon très visuelle de comprendre que chaque perturbation climatique provoque bien plus que ce qu’il n’y paraît et que tout est lié.

🎲 La deuxième phase est plus créative : c’est là que les différents participants décorent leur fresque et lui donnent un nom. C’est aussi l’occasion de se lâcher un peu, et de transformer la frustration/la colère/la peur – ou un mélange des trois – en quelque chose de plus artistique. 

🎲 La dernière partie se joue sous la forme d’un grand débrief collectif, qui permet à chaque participant d’exprimer ses ressentis sur le jeu, de résumer ce que chacun a appris, et surtout, de mettre en lumière des dispositifs collectifs ou individuels à mettre en place pour lutter contre le changement climatique. 

La Fresque du Climat : du simple jeu pédagogique à la success story 

Depuis cinq ans, la Fresque du Climat a fait un bon petit bout de chemin : aujourd’hui, le jeu a dépassé la barre symbolique du million de personnes sensibilisées à travers le monde, est présent dans 60 pays et a été traduit dans 35 langues. Presque aussi fort que le Monopoly avec ses 100 pays et 37 traductions ! 

Et si tout fonctionne, c’est grâce à une armée de plus de 45 000 “fresqueurs” (dont 36 000 en France), des bénévoles toujours plus impliqués dans le projet de rendre accessibles les 3000 pages du rapport du GIEC. Défi ambitieux mais efficace, puisque même les entreprises – et notamment celles du CAC 40 – sont prêtes à payer pour profiter de ces ateliers. 

D’ailleurs si vous avez envie de vous impliquer, n’hésitez pas à devenir vous-même fresqueur ou à découvrir les cartes du jeu directement via le site de la Fresque du Climat

Mathilde Colleter

Entre l'animation, la radio et la rédaction web, Mathilde a toujours aimé jongler dans sa vie professionnelle comme dans ses mouvements. Son métier ? Raconter des histoires et écrire avec une plume inspirée et drôle. Actuellement en workaway au Canada, Mathilde sait vulgariser les concepts de l’écologie comme personne et incite ainsi à l’action. Ses passions : le voyage évidemment (slow-travel, PVT Canada et workaway), les contes et légendes, la broderie.

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