Biodéchets : petites ou grandes, les communes cherchent la bonne solution 



Par La rédaction de Deklic , le 17 novembre 2023 - 5 minutes de lecture
Poubelles pour récupérer les biodéchets à Vincennes, Crédit HERVE CHATEL / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Poubelles pour récupérer les biodéchets à Vincennes, Crédit HERVE CHATEL / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Alors que le tri des biodéchets sera obligatoire à partir du 1er janvier 2024, découvrez comment différentes communes abordent leur gestion. De la collecte à domicile aux points d’apport volontaire, il existe plusieurs stratégies écologiques pour réduire l’impact environnemental.

Gérer les biodéchets au quotidien
   


Des problèmes d’odeurs ? « Non, parce que je vide mon panier tous les jours », explique Annie Sorel, habitante de Lohéac, dans les Pays de Vilaine, où l’on trie depuis maintenant dix ans les
déchets organiques.
« Je mets tous mes déchets, mes épluchures, mes os de poulet, tous les légumes, » décrit-elle. « Si mon panier est rempli, je le mets de côté dans le garage, » en attendant le passage hebdomadaire de la benne de ramassage. « S’il faut le faire, on le fait, c’est pas compliqué ».

Ce coin de Bretagne a pris les devants bien avant que le tri des biodéchets ne s’impose à toutes les collectivités, au 1er janvier 2024.
Pour cela, il a fallu construire une plateforme de compostage, dit-on au Syndicat mixte de collecte et tri des ordures ménagères (Smictom) des Pays de Vilaine, au sud de Rennes.
Là arrive la collecte issue de 36.000 foyers, des cantines scolaires et de quelques restaurants. Le tout est mélangé aux végétaux venus des déchèteries, avant d’être chauffé, dégradé et composté pour partir ensuite en agriculture biologique (des analyses certifient l’absence de résidus à la fin du 
processus) ou en jardineries.
Le bâtiment, fermé, est équipé d’une colonne filtrant l’air, afin d’éviter les mauvaises odeurs lors de la fermentation à 70°C, et donc « les problèmes avec le voisinage », précise la présidente du Smictom, Christine Gardan.
Les riverains ont de fait d’abord eu du mal à accepter l’usine, installée sur un ancien site d’enfouissement de déchets.  

A l’autre bout de la chaîne, les usagers ont été en revanche un peu moins difficiles à convaincre.
Les résidents de cette zone surtout composée de maisons ont été équipés d’un « bio-seau » (une petite poubelle qu’on peut mettre dans sa cuisine) et de sacs en amidon. Idem pour les immeubles.
Ils vident ensuite le seau dans un bac qui leur a été fourni en plus du bac jaune pour les emballages et de la poubelle habituelle dite « résiduelle » (le reste des ordures ménagères).
La principale difficulté a porté sur la place prise par les poubelles. « Dans les constructions neuves, il faudrait penser aux déchets », plaide Mme Gardan.

Paris opte pour les points d’apport volontaire

C’est d’ailleurs un des obstacles rencontrés par Paris, où les halls d’immeubles manquent de place.
Après avoir expérimenté la collecte des biodéchets à domicile dans les IIe, XIIe et XIXe arrondissements, la capitale a donc décidé d’opter pour une autre solution: les points d’apport volontaire sur la voie publique.
« Les tonnages recueillis étaient relativement faibles », explique Antoine Guillou, adjoint (PS) à la propreté et la réduction des déchets.
Tout au long de 2024, plus de 600 bornes seront donc déployées, à « moins de trois minutes à pied » de chaque domicile, « sur les trajets du quotidien », par exemple près d’écoles.

Quelque 130 bornes déjà installées sur les marchés marchent très bien, souligne l’élu, qui ne fixe cependant pas d’objectif de tonnage et voit 2024 comme « une année d’appropriation » du geste. Les biodéchets parisiens finissent dans un méthaniseur où ils se décomposent et recommencent leur vie sous forme de gaz.
Au grand salon Pollutec, à Lyon en octobre, les biodéchets était le sujet central.
« Nous proposons un panel de solutions et chacun choisit selon son mode de vie », explique Bénédicte Flahaut, pour le Grand Chambéry (38 communes, 140.000 habitants).
Après expérimentation, plus de 300 composteurs « grutables » sont en cours de déploiement (1.500 euros d’investissement par point). Leur ramassage est prévu toutes les 4 à 6 semaines seulement, le particulier mettant une pelletée de broyat après chaque dépôt : c’est autant d’économie de camions et de gasoil, et au bout de 4 semaines, le déchet a en outre perdu 60% de son poids en eau.
Selon Mme Flahaut, « les gens jouent bien le jeu, on trouve très peu de déchets indésirables dans le bac » : « Une part des habitants est habituée, avec les composteurs partagés en bas d’immeubles ».
Mais il n’y a pas que la pédagogie. En Bretagne, au Pays de Vilaine, les bacs sont pucés, et si le camion de ramassage des ordures résiduelles doit passer plus qu’une fois par mois, il faut payer une taxe.
In fine, le résultat est là : la quantité d’ordures résiduelles y est tombé à 79 kg par habitant et par an, contre 212 en 2012. Et contre toute attente, le coût par habitant est 20% inférieur à la moyenne nationale.



(Avec AFP)

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